Je suis Neige


Création Chorégraphique et musicale pour trois danseurs et trois musiciens

 

 

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Après la Petite Sirène, Blanche Neige. La chorégraphe Sophie Mathey poursuit ses exercices de transpositions, s’inspirant à nouveau d’un conte populaire largement décliné. Peut-on porter un regard neuf sur cette histoire ? Quand Sophie Mathey s’y essaie, ce n’est pas pour ajouter une couche d’interprétation supplémentaire. Peut-être précise-t-elle une thématique qui l’avait déjà frappée avec « Sirène, si roi » : celle de la jeune fille éternellement pure, obligatoirement neige…
Mêlant danse et musique au récit, elle fait entrer le spectateur dans un champ de résonances qui donne à vivre autrement le conte. Dans cette création, se superposent la version des frères Grimm et l’écriture de Robert Walser. Cet alliage entre art savant et populaire se retrouve dans le choix des pièces musicales : Bach côtoie des compositeurs d’aujourd’hui comme Beffa et Cavanna, la musique très élaborée du Duo pour violon et violoncelle de Kodaly croise les mélodies d’Europe centrale jouées à l’accordéon…
Sur scène, trois instrumentistes et trois danseurs s’emparent de la matière féérique du conte. Sans perdre leur essence, une scène connue, une image, un personnage, deviennent le support de multiples variations poétiques. Une manière aussi de questionner nos codes de représentation.

Blanche -Neige, en couches successives.

D’abord le conte des frères Grimm, édité dans une nouvelle traduction de Natacha Rimasson-Fertin (édition José Corti 2009) qui nous livre le texte au plus près de la langue des Grimm.
En écho, le texte de Robert Walser et sa langue inoubliable.
A partir de ces textes, une troisième couche se superpose. C’est un voile.
Car chaque couche est plus fine, plus translucide, plus épurée que la précédente.
Comme un souvenir de celle ci.
Tissée dans une étoffe distendue.
Une trace.
Le départ pour une évocation transposée du récit originel.

La version présentée met en scène six personnes (trois danseurs,  trois musiciennes).
La transcription du conte, sa réécriture, le regard neuf que nous désirons y porter, le croisement des musiques jouées sur scène avec la danse est à l’origine du projet.
L’idée est de rendre visible les mécanismes de poétisation de l’écriture chorégraphique et de fabrication des images. On construit à vu et directement sur le plateau avec des objets simples et très ordinaires les moments féeriques du conte (paysage d’hiver, le vœu de l’enfant à trois couleurs, le miroir magique...).

Les affects des personnages du récit traversent les interprètes et ressurgissent transformés en son et en mouvement.
Le conte (les mots et les situations) subit différentes étapes de transformation, ce sont en fait des changements d’états d’un même élément (comme l’eau qui est tour à tour glace, neige, vapeur...). Sans perdre leur essence une scène, une image, un personnage du conte se retrouvent transformés dans notre histoire. Par exemple, le miroir magique ou amagique donne lieu à des variations sur le reflet, l’image projetée, l’ombre et la lumière, la dualité…
Ce projet puise dans l’imaginaire collectif et interroge très loin des questions universelles telles que la perte, le parcours initiatique, l’au-delà de la mort.
L’enjeu de ce spectacle est aussi d’inscrire la musique et les musiciennes dans l’écriture scénique et chorégraphique.
Pour cela :
Un duo violon-violoncelle et un accordéon.
La présence de trois instrumentistes sur le plateau, physiquement convoqués dans le jeu, au côté des danseurs.

Le spectacle se déploie à partir de trois supports :

Les textes de W et J Grimm et celui de Walser induisent la direction du projet.
La danse articulée autour de trois figures du conte ( deux féminines et une masculine ) charpente et nourrit le propos.
La musique soutient et complète l’architecture de l’ensemble .

De la même façon, que Les frères Grimm et Robert Walser proposent un traitement très différent du conte.
Les premiers touchant, au plus près le récit dans son acceptation populaire, avec une écriture simple et concrète.
Le second, dans une langue savante et imagée, le transposant et portant sur celui-ci un regard personnel et poétique.

Le choix des instruments, d’une part violoncelle et violon, et d’autre part accordéon permet un alliage entre musique écrite ou improvisée. musique savante ou populaire.
Le choix des compositeurs contribuent à renforcer ce mélange :
La musique très élaborée du Duo pour violon et violoncelle de Kodaly, mais évidemment d’inspiration populaire côtoie les mélodies d’ Europe centrale jouées à l’accordéon.
Les musiques contemporaines de Beffa et de Cavanna leur répondent, avec une résonance plus théâtrale.
Jean-Sébastien Bach les relie, transportant le conte dans une dimension intemporelle.

 

 

Chorégraphie : Sophie Mathey
Danseurs : Sophie Mathey, Philippe Reinaldos, Irene Panizzi
Musiciennes : Ariane Granjon (violon), Anne Claude Moquet (violoncelle), Céline Veyron (accordéon)
Musiques : Masques II de Karol Beffa. Andante de la 2eme sonate pour violon seul de Jean Sebastien Bach. Trio avec accordéon de Bernard Cavanna. Duo opus 7 de Zoltan Kodaly. Gankino Horo (folklore bulgare). Cuperlika (folklore bulgare)
Texte : Robert Walser ( extraits de Blanche-Neige)
Lumière : Thierry Capéran
Costumes : Anne-Marie Prunet et Compagnie Picomètre
Montage vidéo : Jean Claude Trotignon